Les étrangers au Monténégro : combien sont-ils, d'où viennent-ils, quels métiers ?
Le Journal
Économie · 4 juillet 2026 · 8 min

Les étrangers au Monténégro : combien sont-ils, d'où viennent-ils, quels métiers ?

Recensement 2023, données du Ministère de l'Intérieur et de l'Agence pour l'emploi : le portrait chiffré et sourcé de la population étrangère au Monténégro — nombre, origines et secteurs d'activité.

Le Monténégro attire un nombre croissant d'étrangers, portés par la fiscalité, le cadre de vie méditerranéen et la trajectoire d'adhésion à l'Union européenne. Pour y voir clair, nous nous appuyons uniquement sur des sources officielles : le recensement 2023 de l'Office statistique du Monténégro (MONSTAT), et les données du Ministère de l'Intérieur relayées par l'Agence pour l'emploi. Voici le portrait chiffré, sans approximation.

Combien d'étrangers vivent au Monténégro ? Selon le recensement 2023 de MONSTAT (situation au 31 octobre 2023), le pays compte 623 633 habitants. Parmi eux, 46 878 personnes — soit 7,52 % de la population — ont une nationalité étrangère, auxquelles s'ajoutent 10 691 personnes (1,71 %) disposant d'une double nationalité (monténégrine et étrangère). Le solde, 90,73 % (565 804 personnes), est de nationalité monténégrine.

Un chiffre encore plus élevé côté titres de séjour. Les données du Ministère de l'Intérieur donnent une image complémentaire et plus récente : au 10 septembre 2025, 100 867 ressortissants étrangers résidaient légalement dans le pays. Sur ce total, 71 250 disposaient d'un titre de séjour temporaire et 29 617 d'un titre de séjour permanent. L'écart avec le recensement s'explique notamment par les arrivées récentes et par les résidents qui n'ont pas leur résidence habituelle au sens du recensement.

D'où viennent-ils ? Parmi les titulaires d'un séjour temporaire, ce sont les ressortissants de Serbie, de la Fédération de Russie et de Turquie qui dominent. Pour le séjour permanent, les citoyens de la région sont les plus représentés — Serbie (10 653 permanents), Bosnie-Herzégovine, Kosovo et Croatie — devant la Russie. Les Russes forment par ailleurs le plus gros contingent de séjours temporaires prolongés (12 936 personnes), signe d'une installation qui s'inscrit dans la durée.

Les origines vues par le prisme du travail. En 2025, le Monténégro a délivré 40 567 permis de travail et de séjour à des étrangers (source : Ministère de l'Intérieur / Agence pour l'emploi). Le premier pays d'origine est la Turquie (10 346 permis), suivie de la Serbie (8 148) et de la Russie (7 429). Viennent ensuite l'Azerbaïdjan (2 513), l'Albanie (2 098), la Bosnie-Herzégovine (1 902) et le Kosovo (1 543).

Quels métiers exercent-ils ? Les secteurs qui emploient le plus d'étrangers sont la construction (6 920 permis), l'hébergement et la restauration (6 805) et les services à la personne (6 071), loin devant le commerce (1 676), l'information et la communication (1 350) et les services professionnels et techniques (1 257). À noter : sur les 40 567 permis, 11 826 concernaient des étrangers nommés dirigeants de sociétés locales — un profil d'entrepreneurs et d'investisseurs très présent, notamment dans les services, le commerce, l'IT, l'hôtellerie et l'immobilier.

Qui sont-ils ? Le profil des titulaires de permis est majoritairement masculin (71,3 %) contre 28,7 % de femmes. Les tranches d'âge les plus représentées sont les 31-40 ans (29,1 %) et les 41-50 ans (23,7 %) : une population active, dans la force de l'âge. Géographiquement, les étrangers se concentrent surtout à Podgorica (33,5 % des permis) et à Budva (25,4 %), c'est-à-dire la capitale administrative et le cœur touristique de la côte.

Ce que cela révèle. Le Monténégro s'appuie fortement sur la main-d'œuvre et l'entrepreneuriat étrangers pour soutenir son économie, du tourisme à la construction en passant par les services et le numérique. Pour un Français qui envisage de s'installer, cela signifie un environnement déjà international, des communautés établies et un cadre réglementaire qui se structure — les nouvelles règles de 2026 conditionnant le séjour des dirigeants à une activité réelle et à un impôt sur les sociétés minimal de 5 000 € par an.

Notre cabinet vous accompagne dans le choix du bon statut (séjour, travail, dirigeant), la conformité fiscale et chaque démarche administrative, avec un interlocuteur unique francophone. Sources : MONSTAT (recensement 2023), Ministère de l'Intérieur du Monténégro et Agence pour l'emploi (données 2025).

Rédigé par La rédaction BWS-Conseil

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